On écrit au BooB : "Mère amère"
Elle aime à le dire en poésie :
De mère amère, laisse-moi te dire les maux...
Tu sors de chez ton gynéco, Dieu le Père
On doit te déclencher, t'es à deux semaines du terme
Pour bien accélérer les choses, et à tout hasard
Toucher, décollement des membranes et tout l'bazard
Contractions à la minute mais faux travail
Deux allers-retours, trois heures de monito plus tard
Sur le sol de ta cuisine, la flaque, le Graal
Qui te pousse à te précipiter à l'hôpital
De mère à mère, laisse-moi te dire combien c'est chaud
On t'infantilisera immobilisée
On te traitera sans aucun respect
On te dira jusqu'aux cuisses comment écarter
Et toi, en bonne femme occidentale,
Tu trouveras cela normal,
Jusqu'au vagin écorché, tu trouveras tout banal
L'épisio, passage obligé, c'est écrit dans 9mois
Combien de chiennes, les vétos coupent comme ça ?
Tu voudras allaiter, c'est bien, c'est ton choix
Au bout de dix jours grâce au pédiatre tu connaitras
Toutes les marques de lait, de Guigoz à Milupa
Faut l'habituer tôt
Tu reprends le boulot dans deux mois
De mères amères, laisse-moi te dire les mots
T'es pas une mauvaise mère, on t'a juste menti
On t'a promis les plus beaux mois de ta vie
Tu en ressors hagarde, blessée, meurtrie
C'est pas toi, c'est le système occidental
Enfin, surtout en France, et surtout à l'hôpital
De mère à mère, laisse-moi te le dire haut
T'es pas incapable, t'es juste pas informée
Et si toi tu l'es, eux ne le sont pas
Et s'ils le sont, ils jouent la mauvaise foi
Ce sont des médecins, tu sais, mais bats-toi
Car mère amère tu sens... Ce qu'ils ne savent pas
Néroli