Racket sur l'EPP
Pêché sur le site du CNGOF, rubrique Libres opinions.
Le BooB a une tendance certaine et indéniable au centrisme sur les usagers. Mais n'allez pas croire que les soignants ne sont pas eux aussi parfois victimes de désagréments ou d'absurdités. Ils ne sont pas trop coucounés les gynobs ces temps-ci. Certains usagers les secouent dans leurs fondements théologiques, l'état les pousse à la radinerie et au rendement, et en même temps des agences comme la HAS ont la prétention de mettre en place des protocoles de contrôle de leur boulot. EPP ça s'appelle : Evaluation des Pratiques Professionnelles. Parmi les pratiques en première ligne pour l'évaluation, les échographies pendant la grossesse, dont on sait la qualité très fluctuante d'un praticien à un autre et pourtant fondamentale pour certains diagnostics.
Qu'à cela ne tienne s'était dit le Dr. Lenglet. Il s'y est lancé tout pétri de saine et naive volonté de s'améliorer. Evaluer les clichés d'échos c'est fon-da-men-tal, surtout pour mesurer correctement la clarté nucale au 1er trimestre (dépistage T21). Et voilà ce qui lui est tombé dessus :
" Suite à une 1ère EPP concluante d'échographie obstétricale sur l'échographie du 1er trimestre en 2008, j'ai décidé de poursuivre dans l'évaluation continue de cette pratique, somme toute novatrice et motivante, avec une deuxième évaluation en 2009 ... et je reçois un mail un peu gêné du Dr FRIES du CFEF, m'avertissant qu'ils n'ont pu procéder à mon évaluation sur ma série de 30 clichés de T1, sans rémunération faute de financement ... en clair, on réclame 75 Euros aux gynécologues obstétriciens sérieux et désireux d'être évalués (comme on nous le recommande ... à tous niveaux) ... pour se faire évaluer sur la qualité de leur travail !! Non seulement il faut prendre le temps de garder et d'envoyer ces 30 clichés numérisés, non seulement faut-il avoir le courage de se prendre une éventuelle remarque quant à la qualité de son travail, mais en plus, désormais, il faut le payer de sa poche ..."
Par devoir d'information éclairée de nos jeunes étudiants en Médecine, ne devrait-on pas leur présenter notre spécialité telle quelle est: méprisée par les assureurs qui n'hésitent pas à vous éjecter (cf "ma Médicale de France" qui ne souhaite plus m'assurer à cause du potentiel judiciaire de ma spécialité ??? (devrait elle changer de nom ? La Médicale des farouches?)); chahutée par les patients exigeants et méfiants, et par les médias incultes en la matière amis avide de sensationnalisme et de traumatisme "psycho-monétaire"
En clair il doit payer pour travailler et prendre le risque de se faire engueuler ! Il a bien raison de piquer sa rogne le Dr. Lenglet. Il s'en étrangle tellement qu'il en a oublié la sécu, le ministère de la santé, et la T2A. A ce tarif là l'EPP risque fort de tourner en eau de boudin. Dommage :-(
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