Informer les femmes enceintes : vu par un gynobs
Pêché dans "Sociologie de l'accouchement", Béatrice Jacques, ed. Puf. Extrait d'un entretien avec un gynobs de maternité niveau II :
"Moi, je dis aux femmes, ça sert à rien de lutter. On sait que les douleurs de l'accouchement sont intenses. C'est totalement archaïque de souffrir à l'heure actuelle. D'ailleurs, celles qui ne veulent pas de péridurale, c'est un problème d'éducation ... Elles sont un peu arriérées."
"Pourquoi les faire attendre alors que toutes les conditions sont réunies. On est presque en fin de grossesse, la femme a un col souple. On sait aujourd'hui comment faire, c'est mieux pour la femme et puis c'est plus facile pour les sages-femmes de s'organiser."
Voilà. Ça, c'est de l'information ob-jec-ti-ve.
Vous avez bien retenu, femmes ? On ne vous impose rien, bien sûr que non, quelle idée. Mais si vous ne prenez pas la péridurale d'office, c'est que vous êtes une gourde inculte. Déjà mauvaise mère avant même la naissance, ça la fiche mal. Et si vous refusez ce déclenchement de confort — qui sera classé "sur demande" dans le dossier — c'est que vous êtes une obtue du ciboulot. On a vous a bien informée. Ça marche à tous les coups, c'est beaucoup mieux pour vous, croyez-nous, et ça ne fait pas plus mal puisque de toute façon vous serez allongée avec la péridurale que vous avez demandée. En plus vous devez penser à ces pauvres sages-femmes et aux médecins. Si vous refusez c'est très égoïste de votre part. Pauvre gosse... À la fin on vous fait un forceps à l'œil. Comme ça vous n'avez même pas besoin de pousser. Et, cerise sur le gâteau, le psy du service est là pour vous faire la naissance psychique en prime. C'est pas beau le progrès ?
C'est curieux, la journaliste Catherine Sandner n'a pas du tout le même point de vue ...
"Moi, je dis aux femmes, ça sert à rien de lutter. On sait que les douleurs de l'accouchement sont intenses. C'est totalement archaïque de souffrir à l'heure actuelle. D'ailleurs, celles qui ne veulent pas de péridurale, c'est un problème d'éducation ... Elles sont un peu arriérées."
"Pourquoi les faire attendre alors que toutes les conditions sont réunies. On est presque en fin de grossesse, la femme a un col souple. On sait aujourd'hui comment faire, c'est mieux pour la femme et puis c'est plus facile pour les sages-femmes de s'organiser."
Voilà. Ça, c'est de l'information ob-jec-ti-ve.
Vous avez bien retenu, femmes ? On ne vous impose rien, bien sûr que non, quelle idée. Mais si vous ne prenez pas la péridurale d'office, c'est que vous êtes une gourde inculte. Déjà mauvaise mère avant même la naissance, ça la fiche mal. Et si vous refusez ce déclenchement de confort — qui sera classé "sur demande" dans le dossier — c'est que vous êtes une obtue du ciboulot. On a vous a bien informée. Ça marche à tous les coups, c'est beaucoup mieux pour vous, croyez-nous, et ça ne fait pas plus mal puisque de toute façon vous serez allongée avec la péridurale que vous avez demandée. En plus vous devez penser à ces pauvres sages-femmes et aux médecins. Si vous refusez c'est très égoïste de votre part. Pauvre gosse... À la fin on vous fait un forceps à l'œil. Comme ça vous n'avez même pas besoin de pousser. Et, cerise sur le gâteau, le psy du service est là pour vous faire la naissance psychique en prime. C'est pas beau le progrès ?
C'est curieux, la journaliste Catherine Sandner n'a pas du tout le même point de vue ...
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