Césarienne-confort contre césarienne-trauma

Publié le par Betty Boob


Pêché sur le forum de doctissimo, fil de discussion " veulent césarienne confort " (2009)

C'est un débat à couteaux tirés (tombons dans le mauvais goût absolu) entre des femmes qui veulent une césarienne "de confort", et d'autres qui ont été traumatisées par une césarienne qu'elles ne voulaient pas. Autant dire qu'il s'agit souvent d'une discussion houleuse, émotionnelle, et parfois même d'un dialogue de sourds. C'est Samantha, sous le pseudo volontairement provocateur de "césarienne confort" qui a lancé le sujet dont le but est de s'aider mutuellement à trouver de bons chirugiens qui acceptent une césarienne sur demande sans poser de questions. Dès le début Césarienne-confort annonce la couleur :

" [...] bref je suis pas la pour etablir le pour et le contre sur la cesa et la vb [...] les mamans qui sont contre les cesa svp pas la peine de me dire qu il [le médecin] cherche a se faire des sous etc car moi ca me rentre dans cette oreille et sort par l autre [...] respectez nos choix comme on respecte les votre ".

Bref, elle veut une césa et n'en démordra pas. La question qui intéresse le BooB est : pourquoi ? Pourquoi ces femmes refusent-elles d'accoucher normalement, pourquoi demandent-elles une césarienne d'office ? Il y a 10 pages de discussions sur ce fil ! Mais Césarienne-confort donne toutes les réponses dès le premier message :

"lors de ma premiere grossesse ,j ai longuement chercher un praticien pour avoir une cesarienne de convenance (car tres peur extreme de l accouchement par voie basse) pour mon premier accouchement mais sans resultat!! "

La peur extrème de l'accouchement par voie basse est un phénomène connu, qui porte même le nom savant et abscon de tokophobie. C'est la seule raison qu'elle invoque.

" j ai quand meme pu avoir une cesarienne d urgence qui m a sauvée de 30h de contractions. J ai tres bien vecue ma cesarienne "

Ce phénomène là aussi est connu. Chez certaines femmes le refus de donner naissance par voie basse est tel que effectivement elles n'accouchent pas ! Le travail est souvent extrèmement douloureux et n'avance pas. Ca finit par une césarienne en urgence. Elle la voulait, elle l'a eue. Elle n'est pas la seule. Autant la peur est en général un moyen de survie, autant la panique fait se précipiter dans la catastrophe. Il ne sert effectivement à rien d'obliger ces femmes à accoucher par voie basse. L'accouchement sera nécessairement traumatisant et a de fortes chances d'échouer. Dans certaines maternités on conseille à ces femmes un travail psychologique. La peur panique de l'accouchement ne tombe pas du ciel ... Bien souvent elle est lié à des abus sexuels, sur la personne elle-même ou sur des tiers, ou des histoires de famille, bref d'un ou plusieurs traumatismes anciens. Parfois ça marche, et certaines femmes donnent finalement naissance par voie basse dans de bonnes conditions. Parfois ça ne marche pas, parfois le travail psychologique est refusé, et alors il vaut finalement mieux accepter la demande de césarienne. Les risque inhérents à une césarienne programmée deviennent inférieurs aux risques quasi certains d'un accouchement extrèmement pénible et difficile. Les femmes "césariennes-trauma" peuvent entendre cela. Rien ni personne n'a le monopole du traumatisme. Ce qui l'est pour l'une  ne l'est pas pour l'autre, et vice-versa. Un VBAC à la maison, c'est un peu risqué quand même, et si l'utérus lache au niveau de la cicatrice ?(*)  Et pourtant, là aussi les risques d'un VBAC à domicile deviennent inférieurs aux risques quasi certains d'un accouchement très probablement traumatisant dans un milieu hospitalier qui les a déjà traumatisées.

D'ailleurs Césarienne-confort a bien l'intention de donner naissance une seconde fois par césarienne. Elle n'envisage pas de jamais tenter un accouchement par voie basse:
 

" j ai accouché le 31 janvier 2009 et je retomber enceinte 5 mois apres! quelle chance je me dis ....je vais encore avoir une cesarienne "


Elle est donc allée chercher le gynobs qu'il lui faut et lui dit ce qu'elle veut entendre :

" [...]  un super gynecologue [...] il est tres connu car il est "l inventeur" de la cesarienne extra peritoneale [...] je lui ai  parler de mon souhait ,il  m a affirmer que la femme peut faire ce qu elle veut de son corps ,qu une cesarienne de  convenance est tres demandée et que bcp de ses collegues la pratiquent!  la femme est totalement maitre de son corps "

Est-on maitre de son corps si l'on exige une opération chirurgicale par peur panique de son propre corps justement ?

" il m a aussi donner l exemple de l IVG la mere a le droit de TUER son bebe et pourquoi pas de le mettre au monde comme elle le souhaite!!!! "

L'éthique ne l'étouffe pas celui-là :-{{{ Une femme qui avorte ne tue pas "son bébé". Il s'agit encore d'un embryon ou d'un foetus minuscule. A ce stade ce n'est un "bébé en devenir" que si les parents le pensent ainsi dans leur tête. A la naissance seulement il sera un "bébé" en tant que personne.

" Il y a des mamans qui veulent accoucher chez elles 
  Il y a des mamans qui veulent accoucher dans l eau
  Il y a des mamans qui veulent accoucher a 4 pattes
  Il y a des mamans qui veulent accoucher avec une doula 
  Et bien certaines souhaitent une cesarienne de convenances
  Respectez nos choix comme on respecte les votre
"

 

Ou l'argument du libre-choix retourné comme un gant ... Mais elle n'a pas réellement le choix Samantha. Elle ne choisit pas entre la VB et la césarienne. Sa peur de donner naissance par voie basse la contraint à demander une césarienne. Aucun choix là-dedans. Son pseudo provocant - césarienne confort - est un cache-misère. Rien à voir avec des femmes qui demandent un déclenchement ou une césarienne de convenance pour que la date de la naissance soit celle d'un anniversaire ou corresponde à un signe du Zodiaque ou soit pratique pour l'organisation familiale et professionnelle. Ca c'est du confort.

Mais Samantha n'a-t-elle pas raison d'avoir peur  ? :

"
Samantha : [...] qu'ils m aient laissé 30h en souffrance avec une peridurale qui marchait pas  [...]
 
bb75020 : Qui a dit que les forceps ce n'était pas traumatisant ? Bien sûr que ça l'est. Mais voie basse ne veut pas dire forceps/ventouse, etc ...

Samantha : oui mais voie basse dans la mater(hopital)  ou j etais c est systematique(la sage femme m  a prevenu d avance)  quand tu as les jambes en l air  a leur merci ,tu fais quoi quand ils te sortent les instruments ?  tu vas serrer les jambes ,et bien!!! non tu subis !!!
"


Tiens donc, des forceps sytématiques. Il existe comme ça certaines maternités ou praticiens avec des taux de forceps très élevés, trop élevés. Et qui dit forceps dit épisiotomie le plus souvent, risque de déchirures graves du périnée multiplié par 4 ou 5, et risque de dommages des temporaux du bébé.  Pourquoi des forceps systématiques ? Il y a au moins une raison évidente, ça rapporte (ce qui n'est pas le cas de l'épisiotomie). L'éthique ne les étouffe pas non plus dans ce service :-{{{

Vu comme ça, si c'est entre deux boucheries qu'il faut choisir .... Entre deux maux il faut choisir le moindre ... Mais ne nous égarons pas. Quelles que soient les origines anciennes (si il y en a) de la tokophobie de Samantha, le service où elle était à son premier accouchement porte une lourde part de responsabilité : aucune aide ni écoute ne lui a été apportée lors de sa première demande de césarienne (qui devrait alerter tout praticien digne de ce nom), on l'a laissé souffrir comme une damnée pendant 30 heures, on y pratique des forceps systématiques contre toutes les recommandations de bonnes pratiques internationales. Plutôt que de subir "les jambes en l'air" ce qui s'apparente à un viol, Samantha préfère se donner l'illusion de choisir une chirurgie "propre". A quand des sanctions sérieuses envers les chefs des services ou de tels actes dangereux  sont pratiqués, et envers les praticiens qui commettent ces abus ?


(*) Aux dernières nouvelles le risque que l'utérus se déchire au niveau de la cicatrice après une première césarienne est de 0.5 à 1%. C'est donc une catastrophe obstétricale rare, mais pas rarissime non plus. D'autres catastrophes comme la procidence du cordon ou l'hémorragie massive sont au moins 100 fois plus rares. Après, le risque de déchirure de l'utérus varie considérablement d'une personne à une autre, et c'est au couple et à la sage-femme de décider des risques qu'ils acceptent ou pas. Au bout du bout c'est surtout une bonne raison pour éviter les premières césariennes dont on pouvait se passer, et continuer à chercher les indices cliniques permettant une évaluation du risque individuel et pas seulement statistique.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
<br /> ahhh le jugement facile !! pr avoir connu et connaître tjrs cette peur de la vb je sais de quoi je parle . la peur ne se contrôle pas forcément et en plus pr le soutien on repassera.j'en avais<br /> parlé à ma sage-femme de ma peur de la vb et vu son discours réac et moralisateur, cela n'a fait qu'empirer les choses et me conforter ds ma volonté d'accoucher pr vb.j'en avais aussi parlé à mon<br /> gynéco... bref, peu de compréhension autour de moi. ma césa s'est bien passé, et je souhaites n avoir une seconde pr le bb que j'attends et je ne donne le droit à personne de juger car à part<br /> celles qui on connut ça, je vois pas qui pourrait se donner le droit de juger qq'e chose qui lui est inconnut .... je ne dis pas que ce choix est le bon ou pas ms il est le mien.<br /> <br /> <br /> et je suis pr laisser le libre au choix aux femmes de choisir leur mode d'accouchement (sauf cas de danger pr la mère et l'enfant cela va s'en dire) car je me souviens lorsque mon gygy m'a<br /> annoncé que j'aurais une césa, le soulagement que j'ai resenti est indescriptible après le stress vécut pdt plusieurs moi<br />
Répondre
T
<br /> Il faut vraiment distinguer 2 types de demande de césarienne :<br /> <br /> - la césarienne de confort, l'accouchement chirurgical, propre et net, rapide, "pratique" (on choisit la date comme ça on peut programmer les vacances), pour certaines l'accouchement sans douleur<br /> (grande croyance que pas de douleur suite à une césarienne). Ces femmes qui demandent ce type de césarienne veulent un accouchement civilisé (elles ne seront pas en sueur devant leur chéri), elles<br /> refusent l'aspect primaire, animal, de la transmission de la vie. Il faut raisonner, rationnaliser. Mais nous sommes des mammifères, encore plus quand nous devenons parents de petits.<br /> L'accouchement n'est pas une étape médicale, mais il s'inscrit dans la ligne de vie, création de vie, c'est un moment extrême, proche de la vie et de la mort, l'instinct parle. Une femme qui<br /> accouche redevient à ce moment un animal. C'est dans l'ordre des choses. En écoutant son corps (et non sa raison) elle accouchera de son bébé.<br /> Pour certaines femmes (surtout celles qui ont privilégié leur carrière avant de faire des enfants) une telle régression est inconcevable.<br /> Et comme les avantages de la césarienne sont vantés partout, elle décide de prendre son corps en main en le confiant à un médecin.<br /> Je suis d'avis qu'il ne faut absolument pas favoriser ce genre de dérives. En effet ce n'est pas anodin pour le bébé. Une équipe allemande pratique même ces césariennes programmées après que le<br /> travail se soit mis en route pour que le bébé soit préparé par les contractions (incidence sur ses poumons). Sans parler de l'anesthésie de la mère, et des suites souvent un peu brutale (le<br /> peau-à-peau avec le papa est encore trop rare), cela dit c'est parfois le cas avec les accouchements voie basse.<br /> <br /> - la césarienne car le traumatisme de la voie basse est là AVANT que l'accouchement ait lieu. Ces femmes (je découvre aussi le mot "tokophobie" (même si je connaissais le principe)... alors que<br /> tenez-vous bien... dans quelques mois je suis sage-femme ! c'est dire si cette notion est prise en compte dans le monde médical !)<br /> Chez ces femmes, qui ont souvent une histoire, consciente ou pas, qui a laissé des traces (sa propre mère avec un accouchement voie basse difficile, un viol, des antécédents gynécologiques, une<br /> certaine fragilité...), elles ne peuvent pas accoucher par voie basse car elles ferment tout. Si on leur refuse la césarienne (ce qui arrive souvent car non justifié médicalement) le travail sera<br /> long, douloureux, et débouchera sur une césarienne. Elles font inconsciemment de la rétention d'enfant.<br /> Le psychisme de la mère intervient beaucoup sur l'avancée du travail. Par exemple, le travail peut être long avec un sf cassante et peu agréable et quand la rélève, jeune et souriante, arrive, le<br /> bébé arrive comme une fleur !<br /> <br /> Par mon expérience je constate que souvent les césariennes demandées par les patientes sont très bien vécues. Par contre une femme qui subira une césarienne à contre-coeur en aura un vécu mauvais<br /> voir traumatisant, et la pathologie surviendra plus facilement.<br /> <br /> Laisser le libre choix aux femmes (je vais me faire taper sur les doigts...) est délicat car souvent elles n'ont pas les bonnes informations (qui circulent de femmes en femmes), ou une vision<br /> déformée de celles-ci (elles peuvent être marquées par un témoignage stressant sur doctissimo, par exemple....). La peur peut être mauvaise conseillère, mais aussi et surtout le manque de confiance<br /> en soi (combien nous disent qu'elles ne vont pas y arriver ?). Pour moi, sage-femme et obstétriciens devraient être des guides cmme en haute-montagne : on décide par où on va passer (parce que nous<br /> sommes les experts), on donne des conseils, on aide, mais c'est la femme qui accomplit son chemin.<br /> <br /> Donc ma conclusion serait de dialoguer beaucoup, afin de lever certaines peurs, de rassurer aussi les jeunes femmes dans leur capacité à accoucher, de balayer les idées fausses sur la césarienne,<br /> et d'adapter notre conduite à tenir à chaque patiente en suivant non seulement notre clinique, mais aussi notre instinct et le psychisme de la patiente.<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Une de mes filles a dû accoucher par césarienne pour son aîné. Question de survie pour la mère et l'enfant. Mais elle regrettait de ne pas avoir senti arriver son bébé. Et, intuitivement, je le<br /> comprenais, alors que je n'ai pas eu à subir de césarienne et que mes accouchements n'aient pas été des parties de plaisir.<br /> <br /> Cela m'a rappelé comment une de mes belles-soeurs regrettait de n'avoir jamais, comme elle disait, pu "donner naissance comme les autres femmes", de n'avoir pas pu "voir naître ses fils" (elle<br /> avait un bassin trop étroit et a failli en mourir la première fois ainsi que l'enfant). Et le fait que ma mère, qui avait eu ses sept enfants par VB, comprenait ce regret elle aussi, tout<br /> aussi intuitivement.<br /> <br /> D'où viennent ces réactions si semblables à une génération d'intervalle ? Je ne le sais pas. Mais je suppose que cela alimente notre passion, tant pour les partisantes de la VB que pour celles<br /> qui souffrent de tokophobie. Non ?<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
H
<br /> J'ai lu la discution sur Docti.. aberrant, comment une femme peux faire a ce point l'appologie de la cesarienne de confort? Je ne comprend, c'est a se taper la tete dans les murs.<br /> En plus, elle se vante de connaitre le medecin qui les pratique sans conscience pro.<br /> Cela me revolte. Etant moi même une maman cesariser, je ne peux que m'insurger devant ce genre de chose.<br /> Pour ma fille, j'avais l'accord d'une voie basse, malgres un siege complet, le hic ce que mon BB ne s'engageait pas, donc j'ai finis au bloc, en larmes, prise de tremblements et de vomissement.<br /> N'est ce pas stressant comme situation?<br /> Ma fille allais bien ouf, une chance. Mais moi, je n'allais pas bien, j'ai mis 20 mois a accepter, 20 mois pour accepte cette cicatrice, la regarder, la toucher sans pleurer. 20 mois qui m'ont fait<br /> douter de moi et de mes envies. Et maintenant, je souhaite un 3 eme enfant, j'espere un AVAC... mais j'ai la trouille, car les risques sont present, rupture uterine, hemorragie. Et j'en passe.<br /> <br /> NON A LA CESARIENNE DE CONFORT<br /> <br /> Pour les futures mamans souffrant de tokophobie, une aide avec un psy est totalement indiquée. Si elles ont vraiment peur, qu'elles se fassent aider par des gens competent, et pas par des gygy peu<br /> scrupuleux.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> Le fond, le vrai de cette discussion, reste pour moi celui du choix.<br /> On ne l'a pas, ou trop peu : pas assez de SF libérales, une information unilatérale, un terrorrisme-autoritarisme médical général.  Les médecins oublient qu'ils ont des êtres humains en face<br /> d'eux, capables de choix et de réflexion et que nous n'avons pas toutes (et oui certaines d'entre nous s'accomodent très bien de ce mode de fonctionnement!!) besoin qu'on<br /> choisisse pour nous!<br /> <br /> Comme Betty, entre 2 maux, choisir le moindre, c'est tout ce qu'on peut faire parfois. Et rien que ça, si ça donne à la maman l'impression d'avoir choisi, et de bien vivre après, c'est toujours ça<br /> de pris. Quelle vie après?! Je pense en avoir une vague connaissance...<br /> <br /> Si j'avais insisté pour une VB avec un siège, je me serais certainement retrouvée attachée au lit, en poulet de bresse, avec peri et episio protocolaire, et un forceps. Une autre boucherie.<br />  Penser que pour le bébé, la césa restait moins pire -et pour moi aussi, pour avoir vécu une épisio et un forceps à vif- ça aide à accepter. Je ne justifie rien, en tout cas pas mon choix -je<br /> n'en ai pas eu vraiment.<br /> Bref, je comprends Irina, son choix, et je comprends aussi les mamans qui s'indignent. Dans l'urgence, dans la panique et la peur, l'heure n'est pas à l'introspection et à l'analyse. Ca vient<br /> en son temps et en son heure. On pare au plus pressé, être mère dans le mieux de ce qu'on peut faire. que ce soit par césa, sous péri ou à la maison<br /> <br /> Ce genre de débat, de discussion houleuse entre sourds on le trouve aussi au sujet de la peri, de l'allaitement, de l'IVG, de IMG. Dès qu'il s'agit de choix et d'individualités en somme.<br /> C'ets ce qui me fais fuir tous les forums. On cherche une seule vérité pour toutes et il n'y en a pas...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br />   Cet exemple vécu terrible me rappelle un grand oublié de cette discussion : le père, spectateur impuissant, d'autant plus qu'il ne possède généralement pas les connaissances lui permettant<br /> de mieux comprendre ce qui se passe tant dans le corps de sa compagne que dans la salle.<br /> <br />   En tant que maman, j'ai assisté l'une de mes filles. Je savais, dans mon corps, ce qu'éprouvait la maman. Mais je n'ai pas pu empêcher des manipulations proches de la maltraitance tant sur<br /> ma fille que sur le bébé, ni une mise en danger grave.<br /> <br />   Alors pour le père, qui, en plus, se sent responsable (après tout, cet enfant, il a grandement contribué à le mettre là où il est), cette impuissance doit être encore plus<br /> difficile à supporter. Et il n'a personne à qui dire. Il n'a pas droit à la plainte. <br />   Pourtant sa présence contribue à aider la maman dans son épreuve. Et à l'accueil du nouveau membre de la cellule familiale.<br /> <br />   L'impuissance devant la souffrance est aussi une souffrance pas facile à gérer.<br /> Nous le voyons bien dans la confidence de Betty.<br />    <br />   Mais comment un homme parvient-il à gérer ces moments de peur, de souffrance, de joie aussi de l'autre qu'il aime ? J'aimerai bien que quelques-uns nous en parle.<br /> <br /> <br />
Répondre
B
<br /> A propos du bébé, le grand oublié de ces discussions. Je n'ai peut-être pas été assez claire. Une femme souffrant de tokophobie refuse d'accoucher; le travail est lent, chaotique, très douloureux;<br /> le bébé a du coup plus de difficultés à trouver son chemin, ressent probablement la souffrance de sa mère, se fatigue aussi et souffre aussi d'un travail qui n'en finit pas, avec comme seule<br /> réponse médicale des injections de syntocinon et la rupture artificielle de la poche des eaux, ..., encore de la souffrance pour le bébé et pour la mère ...  Dans tous les cas de figures le<br /> bébé souffre. Il est vraisemblable qu'autrefois une partie de la mortalité et de la morbidité en couche, aussi bien des bébés que des mères, étaient due à ... la tokophobie. Un travail qui dure 2<br /> ou 3 jours, ça peut tuer le bébé, et ça peut finir en hémorragie massive à cause d'une atonie de l'utérus. Ce n'est pas une demande de convenance, c'est une véritable pathologie. A part ça, je suis<br /> totalement d'accord avec les femmes qui veulent un AVAC, même xC. Moi aussi j'ai eu un AVAC, et je le voulais vraiment, "une autre césarienne non merci" comme l'a écrit Hélène<br /> Vadeboncoeur.  Mais ça ne m'empêche pas de comprendre une autre problématique et de la prendre pour ce qu'elle est : une pathologie médicale - psychiatrique - grave, qui peut mener à des<br /> séquelles graves.<br /> <br /> Exemple vécu de ce à quoi la panique peut mener. Dans une station de ski. Je vois sur une pente un gamin en chasse-neige qui me semble en difficulté. Je regarde plus intensément et je le vois<br /> complètement paniqué, crispé dans sa position de chasse-neige. La pente était pourtant faible, seulement voilà, elle prenait un virage à 90 degrés au-dessus d'une falaise. Nous étions<br /> plusieurs à le regarder, et nous avons tous, horrifiés, vu venir la catastrophe, sans rien pouvoir faire (trop loin !). Totalement paralysé par la panique, le gamin n'a rien fait, rien de rien. Il<br /> est resté en chasse-neige. Il lui aurait suffit e se laisser tomber par terre pour s'arrêter. Mais non, il a continué, tout droit, il n'a pas pu prendre le virage, et il est tombé de la falaise en<br /> hurlant. Nous nous sommes tous mis à courir vers l'endroit de la chute. Ceux munis d'un portable ont appelé les secours qui sont arrivés en hélico très rapidement. Au pied de la falaise cet<br /> enfant ressemblait à un pantin désarticulé plein de sang partout. J'en ai fait des cauchemars, pas tant à cause de l'horreur physique qu'à cause de l'impuissance qui avait amené à cette<br /> catastrophe, la sienne, et la notre. Ca peut mener à ça la panique : à l'accident voire à la mort.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Si les taux de césarienne, en France, étaient plus proches des recommandations de l’OMS (entre 5 et 15%, à comparer aux 22% dans la maternité la plus proche de chez moi), si l’on n’était pas<br /> obligée de passer par un parcours du combattant pour accoucher « normalement » après une césarienne [1], si l’on n’avait pas peur de se retrouver devant des césariennes systématiques dès que le<br /> bébé est gros (plus de 3 kg !!), peut-être que les « césariennes de convenance » ne provoqueraient pas un tel tollé…<br /> <br /> [1]Pour ma part, radio du bassin avant le feu vert du médecin, décollement des membranes sans me prévenir, puis « au-revoir Madame, et si le jour du terme vous n’avez pas accouché, vous venez le<br /> lendemain pour une césarienne ». Heureusement, mon bébé s’est pointé avec une semaine d’avance…<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> Pour répondre à Blandine =<br /> <br /> La césa n'est pas à mon sens le summun de la naissance, je ne dirais pas le contraire. Seulement, comme je l'ai déjà dit je suis née dans des conditions dramatiques et je n'avais aucune envie que<br /> mon bébé vive la moitié de ce j'ai vécu (car je suis passée très très près de mourir).<br /> J'étais consciente des risques pour moi et j'ai appris ceux pour le bébé. Après, il a fallu réfléchir à tout ça, en tenant compte que mes probabilités d'accoucher par VB étaient de toutes façons<br /> très faibles (je soufre d'une malformation rare du bassin et des membres inférieurs).<br /> <br /> Je me doute bien que le choc thermique, la lumière violente (qui existe aussi parfois lors des VB il faut le dire), je me doutais que ça ne serait pas génial pour le petit.<br /> Par chance ? Mon fils est né endormi, il était à peine conscient, je me demande ce qu'il a retenu de cet événement réellement.<br /> L'aspiration n'était pas une obligation normalement, mais il n'avait pas crié et respirait très mal, il a fallu en passer par là, je me doute que ce n'était pas drôle, la détresse respiratoire non<br /> plus, mais naître brûlant de fièvre, ne pas être pris dans les bras par personne et mis dans une boîte en plastique plus de 2 jours avec des tas d'antibios, c'était à mon sens bien pire.<br /> Le lendemain de sa naissance, alors que mon bonhomme têtait le sein avec joie, on m'a expliquer que vu son PC (36,5 cm) et sa présentation (front), il ne pouvait pas naître par VB, ça m'a ôté d'un<br /> poids, j'avais pris la moins mauvaise décision vu le contexte...<br /> Pour le handicap de la maman, moi, j'étais debout 9H après, la première chose que j'ai fait, c'est d'aller à la néonat et de pleurer pendant 30 minutes devant mon fils car je n'étais pas non plus<br /> fière de le voir dans cet état.<br /> Le jour suivant, petit bonhomme avait récupéré et moi aussi (je reconnais que j'ai la chance de bien supporter la douleur), je faisais tout ce que fait une maman (change, tétée, portage...).<br /> <br /> Il y a quelques mois, j'ai amené mon fils chez l'osthéopathe, en lui manipulant le cou, on s'est rendu compte qu'il avait gardé des blocages à la nuque de son extraction, apparement, vu son côté<br /> bon dormeur, son caractère calme, doux et joyeux, ça semble être la seule séquelle sur le long terme, du gâteau par rapport à moi.<br /> <br /> Bref, je suis consciente du fait que la césa n'est pas le truc miracle. Mais en France, tout est fait pour terrorriser les mamans à propos de l'accouchement, notamment la boucherie courante.<br /> Pour savoir que dans ma maternité exerce un vieux boucher de près de 70 ans qui ne conçoit pas l'accouchement sans forceps et épisio et ne pose jamais le bébé sur la maman mais dans un bac, je<br /> connais la politique de la terreur qui règne trop souvent.<br /> Trouver un établissement respectueux, où l'on ne banalise pas la surmédicalisation, c'est très difficile.<br /> Et quand une primapare entend plus souvent parler de découpage et d'instruments et parfois de situations qui pourraient être assimilées à un viol, il ne faut pas s'étonner de la demande de<br /> césarienne.<br /> Quand aux mamans ayant eu un premier accouchement difficile, leurs raisons se défendent aussi, vouloir éviter une situation difficile, voire dangereuse, c'est humain.<br /> Et puis, soyons francs, les statistiques de la césa ne sont pas si alarmantes que ça, il y a prise de risque, mais pas non plus énormissime et ensuite le monde de l'obstétrique donne une image<br /> plutôt positive de la césa, surtout la programmée, car dans beaucoup de maternités des "faveurs" comme la présence du père au bloc ne sont accordées que si césa prog...<br /> <br /> Le système est ce qu'il est, trop de manipulations, les mamans n'ont pas un interlocuteur continu du suivi à la naissance (sauf cas d'accompagnement global, mais au moindre pépin, on repasse dans<br /> d'autres mains inconnues), l'hypermédicalisation et la chosification des personnes ont engendré une nouvelle forme de peur de l'accouchement.<br /> Engueuler les mères tokophobes et les faire culpabiliiser sur leur bébé ne sert à rien, la peur panique ne répond à aucun argument tangible et de toute façon, une très grande peur face à des<br /> risques facilement jugés comme limités, c'est la peur qui gagne.<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> Bonjour, J'ai participé à cet échange musclé sur docti. Je ne nie pas le fait que certaines aient peur d'accoucher, mais le plus dérangeant dans ce débat (en plus des propos blessants de la part<br /> des deux camps) c'est l'incitation à avoir recours à la césarienne de confort, à la banalisation de l'acte chirurgical,à la tentative de faire croire que la césarienne n'est qu'une simple formalité<br /> pour avoir son bébé dans les bras. Certaines ont été jusqu'à dire qu'elles ne voulaient pas accoucher pour ne pas se montrer dans une situation désobligeante vis à vis du père c'est à dire<br /> transpirante et ahanante... (dans ce cas, pourquoi ne pas juste demander au père d'attendre dans la salle d'attente ?)<br /> <br /> faut-il rajouter que pendant qu'elles faisaient l'apologie de la césarienne en toute sécurité, une maman césarisée perdait la vie (césarienne préconisée pour des raisons médicales) en laissant son<br /> bébé qu'elle n'aura vu que quelques minutes et un papa éploré ?<br /> <br /> <br />
Répondre