Allaiter, ou ne pas allaiter, telle n'est pas la question
Pêché dans le numéro 605 de Marianne, "Quand l'écologie renvoie les femmes à la maison", par Isabelle Saporta :
Lily, profession libérale, la trentaine, bien décidée à faire l'impasse [sur l'allaitement] pour recommencer à travailler au plus vite, s'est entendu répondre par la sage-femme : "Réfléchissez bien; quand on fait un enfant c'est pour la vie. Vous verrez, un jour vous reviendrez de vos ambitions et de votre carriérisme, mais il sera trop tard". Même son de cloche pour Sophie, qui a accouché dans une grande maternité parisienne et a très vite renoncé à allaiter. L'infirmière lui a asséné : "Mais madame, vous n'allez pas abandonner si facilement ! Le lait industriel c'est bon pour les petits veaux !" Difficile de résister à un discours aussi nuancé...
A l'époque du biberon généralisé, réponse presque imaginaire de la même sage-femme à une mère qui voulait allaiter : "Mais madame, vous n'y pensez pas. Ca vous abimera les seins. C'est pas hygiénique et votre lait n'est pas assez nourrissant ! Quand on fait un enfant c'est pour toute la vie, vous n'allez pas le sous-alimenter tout de même ! Vous n'êtes pas une vache voyons."
Mode du bib, mode de l'allaitement, même combat. Les pros ordonnent, certains de leur autorité et de leur science infuse, et ces écervelées de mères doivent obéir. Elles sont bien trop enfantines pour savoir ce qui est bon pour elle et leur progéniture. "En ce monde, certaines choses changent, mais d'autres ne changent jamais".
PS: et qui sait d'où vient la citation ;-)