Il faut souffrir pour être mère
Secret de la fin des années 80.
Une femme enceinte a une grossesse vraiment pas marrante. Non seulement des nausées pénibles persistent bien après le premier trimestre, mais de plus une sorte d'excroissance sur l'utérus se met à grossir à vue d'oeil. Au point que les médecins jugent préférable d'opérer. L'opération se passe bien, le fœtus se porte comme un charme. Par contre les suites post-opératoires sont dures. Ce qu'on lui a donné est insuffisant. Elle souffre. Elle demande alors à l'infirmière de lui donner un anti-douleur. Réponse de celle-ci :
"Mais madame, c'est trop dangereux pour le bébé ! Vous devez être une bonne mère et prendre sur vous."
Heureusement l'anesthésiste lui rend visite un peu plus tard et lui donne immédiatement un antalgique adapté. Quelques jours plus tard des complications surviennent au niveau de la cicatrisation : brides et infection. L'interne la "soigne", c'est à dire qu'il prend son scalpel, débride sans douceur, met une tonne de bétadine dans l'incision, puis presse très fort sur la cicatrice. Le tout sans aucune anesthésie. Il sait très exactement ce qu'il fait puisqu'il conclut ainsi :
"C'est une bonne préparation pour l'accouchement".
Ça ferait des économies pour la sécu. Plus de séances de préparation classiques, ni de sophrologie, ni d'haptonomie, ni de yoga, ni de chant prénatal. Un petit coup de bistouri à vif par l'interne entre la poire et le fromage, et voilà les femmes prêtes à accoucher, et à devenir mères... Ce qui étonne toujours, c'est que même des femmes de caractère se laissent faire. La puissance aliénante du monde médical est impressionante.
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