Du poulet de Bresse au chien qui pisse
Encore dans le magazine Parents du mois d'août 2008, article "L'épisiotomie, ce n'est plus automatique", de E. Chantepie, et toujours dans l'encadré "Protéger son périnée" :
"S'allonger sur le côté avec la cuisse remontée sur la poitrine jusqu'au moment où la tête du bébé s'engage semble réduire le recours à l'épisiotomie."
Patatras. Elle n'a pas pu s'empêcher de sauter à pieds joints dans l'ornière. Puisqu'on vous dit que l'épisiotomie ne protège pas des déchirures graves. Puisqu'on vous dit qu'une épisiotomie n'est pas une incision mais une coupure franche au ciseau de toute l'épaisseur du périnée équivalente à une déchirure du second degré sévère (sachant que les déchirures "graves" du 3e et 4e degré sont celles qui touchent le sphincter anal). Le but du jeu n'est donc pas d'éviter une épisiotomie préventive qui ne sert à rien, mais d'éviter les déchirures.
"La pression sur le périnée est moins grande et le muscle moins distendu. Les positions accroupies ou suspendues peuvent aussi dans certains cas apporter une amélioration."
Oh, ça alors, la position médicale traditionnelle sur le dos pieds dans les étriers, dites aussi poulet de Bresse, serait donc mauvaise pour le périnée ! Quelle découverte, ça ne fait que 40 ans qu'on en parle. Donc on améliore avec les accouchements sur le côté, très à la mode chez les sages-femmes et en Angleterre, mais toujours allongée, immobilisée sur la table par la perfusion, le monitoring, et le tensiomètre. Au lieu d'un poulet de Bresse on aura l'air d'un chien allongé qui pisse sur un réverbère. Quand le monde médical aura compris que le problème n'est pas de faire adopter telle ou telle position à toutes les femmes, mais de les laisser mobiles et maîtres de choisir spontanément leurs positions, les poules auront des dents, et il n'y aura plus de réverbères.
Publicité