Au XIXe : Maternités hospitalières et expérimentation

Publié le par Betty Boob

Pêché dans "La naissance en occident", Paul Cesbron (gynobs) et Yvonne Knibiehler (historienne), Ed. Albin Michel 2004.

Les maternités hospitalières, p.105-111

Il convient d'examiner de plus près cette curieuse et dramatique aventure des maternités hospitalières. Histoire dans l'Histoire, vécue, intériorisée et considérée comme fondatrice pour les professionnels du XXIe siècle. [...] l'urbanisation à la fin du Moyen Age fait apparaître une catégorie de femmes misérables, seules et sans abri pour accoucher, si ce n'est justement dans les hôpitaux des grandes métropoles européennes. [...] Jamais, au grand jamais, les femmes des XVIII, XIX et au début du XXe siècle n'ont souhaité accoucher à l'hôpital. [...] Scarlett Beauvalet-Boutouyrie rappelle que l'accouchement hospitalier fut d'abord "un acte gratuit mais mortel, avant de devenir salvateur". [...] En 1869 la Société médicale des hôpitaux demande, "au nom de la science et de l'humanité, la fermeture des grandes maternités".

L'ordre hospitalier ou le temps de la gloire, p.112

La fièvre puerpérale a balayé certitudes et institutions, menaçant jusqu'à l'existence des maternités hospitalières. Asiles destinés aux victimes les plus misérables, celles-ci se sont transformées en de monstrueuses machines à broyer mères et enfants. De telles institutions répondaient-elles à la demande sociale, ne pouvions-nous pas y apporter d'autres solutions ?
"Non", répondent alors les tenants d'une institution dont l'intérêt médical apparaît essentiel et désormais sans conteste. L'hôpital est bien le lieu unique d'observation clinique, irremplaçable, et de ce fait lieu d'enseignement. Nous sommes entrés dans l'ère de la médecine expérimentale.

Avec tout plein de cobayes encore moins chers que les souris blanches. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs... mais balancer sans ménagement une boîte d'oeufs sur une table n'a jamais fait une bonne omelette. Heureusement que ces temps anciens sont définitivement révolus. Les femmes enceintes et leurs bébés ne servent plus de cobayes depuis fort longtemps...

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Mathilde Pommier 21/05/2008 14:05

J'aime bien ton sens de l'humour, Betty !