Zorrotte vengeresse

Publié le par Betty Boob


Secret de 2009, témoignage de F.

Vouloir accoucher chez soi et planifier un AAD, c'est très dangereux ... mais pas pour les raisons que certains s'imaginent.  La preuve ?...



La gynéconne qui a tout gâché

1er juillet, 15h30.

Aujourd’hui, on va voir notre fille pour la dernière fois avant le jour J. Les échos c’est toujours un peu magique, plein d’émotion et j’ai hâte d’y être. La gynécologue nous fait entrer dans son cabinet avec un grand sourire. Je n’ai pas été suivie par elle pour ma grossesse, tout simplement parce que j’ai décidé d’accoucher à la maison. J’ai donc opté pour un accompagnement global avec deux sages-femmes libérales. Je ne suis pas inscrite à l’hôpital, la gynéco n’a donc aucun dossier sur moi et elle me pose de nombreuses questions. En règle générale j’évite de dire que je souhaite accoucher à domicile car je sais que c’est souvent mal accepté par le corps médical. Mais là je me vois obligée de le faire, pour expliquer pourquoi elle n’a pas de dossier.

A partir de ce moment-là, son attitude change complètement. Elle ne sourit plus, son regard est très froid. Elle me regarde avec le plus grand des mépris. Je m’attends à un affrontement., je l’espère presque; si elle est en désaccord avec mon désir, si elle le juge dangereux pour mon bébé ou pour moi, elle va me mettre en garde, elle DOIT me mettre en garde, c’est son travail après tout. Mais elle n’en fait rien, elle n’essaie pas de me faire changer d’avis, je comprends alors que ma santé où celle du bébé lui importent peu. Ce qui compte c’est que je viens de blesser son égo de médecin. Elle est vexée que j’ose imaginer pouvoir me passer de son incroyable science. A partir de là, nous n’échangerons pratiquement plus aucun mot.

Elle me fait passer dans la salle d’échographie et m’ordonne de retirer mon pantalon et ma culotte. Je suis un peu surprise et devant mon hésitation elle me dit très sèchement qu’avec elle c’est comme ça. J’ai juste à obtempérer et me taire. Je m’installe sur la table, très mal à l’aise, et là, la torture commence. C’était censé être un moment fantastique, mais elle en a décidé autrement. Avec la sonde, elle martèle mon ventre, je reçois chaque coup comme une humiliation. Ca fait mal. Je suis tétanisée. Pourquoi cette violence ? Qu’ai-je donc fait de mal ? J’essaie de me concentrer sur l’écran pour supporter la douleur. Je regarde ma fille et je lui parle en silence, je la rassure alors que moi-même je ne comprends pas ce qui se passe. Ensuite la gynéconne passe sa sonde vers mon bas-ventre. Elle appuie, très fort. lLa tête de mon bébé est là, juste derrière, mais elle continue de me labourer le ventre, et je n’arrive toujours pas à dire quoi que se soit. Je la fixe, les yeux écarquillés, mais rien ne sort. Je reste bouche bée, tellement choquée par ce que je suis en train de vivre.

Elle finit par faire une échographie endo-vaginale, sans aucune explication, et moi je n’en demande pas. Je n’ai qu’une hâte c’est de partir de là, donc je la laisse faire et me ferme complètement à ce qui m’entoure.


2 juillet, 1h : Je contracte toutes les 4 minutes, je perds du sang…

3 juillet, 3h23 : J’accouche de ma petite fille avec deux mois d’avance…

Coïncidence malheureuse ? Conséquence directe de cette échographie ? Je ne le saurai jamais avec certitude. Ce dont je suis persuadée en revanche c’est que la violence psychologique avec laquelle j'ai subi cet acte a gâché les derniers instants de ma grossesse et n’est sûrement pas tout à fait étrangère à mon accouchement prématuré.




Pensées presque imaginaires de la gynéconne : " Encore une inconsciente complètement givrée qui veut accoucher chez elle. Non mais qu'est-ce qu'elle s'imagine cette psychopate ? Qu'accoucher c'est une partie de plaisir ? Que son corps lui appartient peut-être ? Je t'en ficherais moi de la naissance intime. Je vais lui montrer si c'est une partie de plaisir ! Dès qu'elle est enceinte  c'est à nous qu'elle appartient ! C'est notre affaire la naissance ! "

Zorrotte vola donc au secours de cette pauvre égarée afin de sauver son âme de la perdition, à coups de sonde salvatrice. Goujat se décline aussi au féminin : goujate.

L'AAD, c'est vraiment dangereux ...

Commenter cet article

lolo 18/07/2011 01:52



Quelle méchanceté... j'espère que sa fille va bien..


lolo



léaC75 23/12/2010 13:57



ohh lala ces médecins! c'est vrai qu'Ils pensent détenir la SEULE vérité!



F. 26/11/2010 21:49



Pour aller de l'avant, j'avais besoin de faire des démarches contre cette gynéconne, et ma fille et moi avons reçu des excuses officielles de l'hôpital. ça m'a beaucoup aidée à accepter ce qu'il
s'est passé, ou du moins à le digérer : bien que sur le moment je n'ai pas su réagir, j'ai fait de mon mieux après pour que son action ne reste pas impunie, c'était important pour moi, surtout
pour pouvoir dire à ma fille plus tard que j'ai fait ce qu'il faut, un peu trop tard certes, mais j'ai fait ce que j'ai pu...


cette histoire est maintenant derrière moi, je n'ai plus de haine quand j'y pense, par contre la prématurité de ma fille reste une blessure encore très douloureuse qui ne guérira pas aussi
facilement, mais j'y travaille :)


 


pour répondre à cb, ma fille, qui a maintenant 16 mois, se porte à merveille, c'est une petite fille pleine de vie, qui sourit tout le temps.


 


merci à vous pour votre soutien en tout cas.


 



cb 15/10/2010 02:11



goujate ? cette connasse de gynéco oui ? ma pauvre, je suis très attristée par ce que tu écris et en même temps j'admire ton courage de le relater et en même temps les mots respectueux que tu
emploies. tu as su cheminer et certainement te consacrer plus à ta fille qu'à cette p***. mais sincèrement chapeau d'avoir dépassé le stade de la haine, et même dans ton commentaire à Corto !
peut-être que moi aussi quand je serai mère (si je le suis un jour) j'acquerrai une telle sagesse. bises et n'hésite pas à nous dire si ta fille se porte bien à préset !



Laly 10/10/2010 20:23



J'ai lu ce témoignage le poii hérissé, une boule dans la gorge et une larme de rage au coin de l'oeil... Pour la maman et pour le bébé, pour la suite, j'imagine que la solution c'est de ne pas
rester dans cette rage-là, d'essayer de dépasser cet horrible évènement et surtout de ne pas tomber dans la culpabilité.