Tous des mutants

Publié le par Betty Boob


Pêché dans une brève du Journal du CNRS, septembre 2009 : "Un virus à l'origine du placenta ? "

" L'apparition des mammifères placentaires, dont l'embryon est alimenté et protégé dans un placenta, il y a près de 100 millions d'années, serait-elle liée à une contamination virale ? C'est l'hypothèse que font les chercheurs du laboratoire "Rétrovirus endogènes et éléments rétroïdes des eucaryotes supérieurs", après avoir découvert que le gène syncytine A, d'origine virale, est essentiel au développement du placenta chez la souris. Il est connu depuis longtemps qu'une part (environ 8%) du patrimoine génétique de nombreuses espèces, dont l'humain, contient des restes de virus : c'est le cas des gènes syncytines, des protéines exprimées au niveau du placenta. En les étudiant chez la souris, les biologistes ont démontré qu'elles étaient indispensables à sa formation. En effet, les syncytines en faisant fusionner les cellules entre elles, comme le fait un virus pour entrer dans une cellule, permettent la fabrication d'une "nappe cellulaire", constituant essentiel du placenta. Pour les chercheurs, une contamination virale pourrait donc avoir été un évènement fondateur dans le passage d'un développement embryonnaire externe, dans des oeufs, à un mode interne. "

En résumé, 98% de notre patrimoine génétique est commun avec celui des singes Bonobo, et 8% vient des virus dont une partie serait nécessaire à la formation du placenta, donc à la procréation.  Les créationistes et autres adeptes de l'Intelligent Design risquent la crise d'apoplexie cette fois. On a beau savoir que dans un sytème complexe 1% n'est pas négligeable puisque le tout est bien plus que la somme des parties, ça rabat un peu le caquet. Scénario de science-fiction : si des biologistes fous trouvaient un vaccin anti-virus syncytine, on pourrait prendre l'évolution à rebrousse-poil et se remettre à pondre des oeufs !

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