Certains gynobs américains auraient-ils oublié Semmelweis ?...

Publié le par Betty Boob


Pêché dans un communiqué de presse APM du 10 juillet 2009, extrait du New England Journal of Medicine



"WASHINGTON, 10 juillet 2009 (APM) - Le taux d'infection après interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse a chuté aux Etats-Unis après le passage à l'administration par voie buccale et non plus vaginale du misoprostol, en combinaison avec la mifépristone, associé à un dépistage et traitement des infections à chlamydia ou à la délivrance en routine d'antibiotiques.

Les centres de planification familiale américains ont utilisé de 2001 à mars 2006 un protocole pour l'IVG médicamenteuse de mifépristone orale (Mifeprex*, Danco) suivie 24 à 48 heures plus tard de misoprostol par voie vaginale.


Après les décès fin 2005 de cinq femmes en Amérique du Nord liés à une infection bactérienne rare après une IVG médicamenteuse, des inquiétudes ont été soulevées quant à un risque d'infections graves potentiellement lié à la voie d'administration vaginale du misoprostol, typiquement utilisée en Amérique du Nord, mais peu en Europe ou aucun cas similaire n'a été observé.


Les centres de planification familiale américains sont alors passés début 2006 à une administration du misoprostol par voie buccale (entre la joue et la gencive) et ont accompagné ce changement de la nécessité soit de fournir en routine des antibiotiques soit de dépister et traiter les infections à chlamydia.


Puis, en juillet 2007, les centres ont mis en oeuvre une antibiothérapie en routine pour toutes les IVG.


Le taux d'infections graves a significativement chuté de 73% après le passage de l'administration du misoprostol par voie vaginale à la voie buccale, de 0,93 pour 1.000 IVG à 0,25 pour 1.000 IVG. Une nouvelle réduction d'ampleur équivalente, de 76%, a également été observée après mise en oeuvre de l'antibiothérapie en routine pour toutes les IVG; le taux d'infections graves passant ainsi de 0,25 pour 1.000 à 0,06 pour 1.000 IVG.


Au total, le taux d'infections graves a été diminué de 93% par les deux mesures successives. Le fait que cette étude ne soit qu'observationnelle ne permet pas d'établir une relation de cause à effet, soulignent les auteurs. Ils estiment toutefois "plausible" que les modifications de pratiques expliquent les réductions d'infections graves observées.

(NEJM, 9 juillet, vol.361 n°2, pp.145-151)



Passionnant, mais comme c'est bizarre ... Bizarre également cet étrange silence sur les causes de ces infections "potentiellement liées à la voie d'administration". Que de pudeur, ou que d'ignorance ? Les médecins devraient bien savoir d'où elles viennent ces infections, non ?  73% de diminution rien qu'en changeant la voie d'administration et en surveillant les infections à Chlamydia - qui comme chacun sait ;-) sont sexuellement transmissibles et peuvent se transmettre de la mère au nouveau-né - c'est spectaculaire ! D'autant que le faible risque d'infection est l'un des avantages attendus de l'IVG médicamenteuse par rapport au curetage. De là à se demander si certains ne travaillent pas comme des sagouins en oubliant allègrement les recommandations pourtant fort anciennes de Semmelweis ...

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