On écrit au BooB : "La femme qui accouche seule"

Publié le par Mathilde Pommier & Betty B.

 



La femme qui accouche seule, de Mathilde Pommier

Quand une femme accouche seule, explique le Docteur Nisand selon Le Point du 15 juin 2009, ainsi que www.europe1.fr de la même date,  "elle a une grande probabilité de faire des manoeuvres qui mettent le bébé dans un tel état qu'il n'y a pas besoin de grand chose pour qu'il meure seul". Le tribunal n'a pourtant pas suivi l'avis du spécialiste pour condamner cette mère [affaire Courjault].

Cela m'a rappelé l'affirmation de ma vieille maman : les brebis, disait-elle, devaient être aidées lors de l'agnelage car, n'ayant pas de contractions, laissées à elles-mêmes, elles mourraient en couches. J'ignore de qui ma vieille maman tenait cette certitude, mais, renseignements pris auprès de bergers et de vétérinaires, les brebis ont des contractions, tout aussi douloureuses que les nôtres, et mettent bas sans plus ni moins de difficultés que les autres mammifères.

Quant à moi, je me demande si un accouchement solitaire ne m'aurait pas au contraire protégée, moi et mes deux petites filles. En effet, si je n'avais pas bénéficié des soins éclairés de la médecine pour l'aînée, mon bébé n'aurait probablement pas fait les "accidents respiratoires" dus à l'injection de Phénergan-Dolosal qui m'a été pratiquée à l'arrivée (ce qui abrutit mais ne calme guère), et je n'aurais sans doute pas eu de fuites urinaires à vie dès l'âge de vingt ans consécutives à une épisiotomie imposée et parfaitement inutile pour un bébé de 2kg7 (la 2° pesait 1kg de plus et est passée sans épisiotomie ni déchirure).

Et je me demande si l'avenir de ma cadette n'en aurait pas été changé, le sien et, à sa suite, celui de ses enfants. Car mes muscles se sont tétanisés alors que l'enfant était dans le passage, qu'on voyait ses cheveux, et y est restée coincée une heure. C'est, semble-t-il, l'un des effets secondaires de l'Ocytocine, injectée sans me prévenir alors que l'accouchement se passait bien (je suis plutôt une rapide) ainsi que des injonctions autoritaires de la sage-femme à pousser dès bien avant et jusqu'à bien après les poussées naturelles, surtout sagissant d'une femme sportive. J'ai, depuis trente-six ans que notre cadette est au monde, très souvent regretté de n'avoir pas été coincée dans l'ascenseur à la place de l'aînée (elle l'avait pris juste avant que je ne sorte de l'appartement) et d'y être restée à sa place. J'aurai, vu l'étroitesse du lieu, accouché à genoux, ce qui est plus confortable que couchée-pattes-en-l'air, dû faire remplacer la moquette, mais ma fille ne serait pas toujours victime de son anoxie néonatale physiquement et mentalement.

Et je ne parle pas de la révision utérine à vif imposée à la cadette après la 2° naissance. Pour être tout à fait juste, sans l'excellente assistance médicale dont elle a bénéficié (cette fois, c'est le mot juste), l'aînée et son enfant aîné ne serait sans doute pas en vie, ou en quel état !  Mais est-ce que cela justifie les autres catastrophes ?

Et, oh! un détail (au point où on en est !) : cela fait des millénaires que les femmes accouchent, seules ou accompagnées. S'il avait fallu attendre les "Zorros de la médecine", l'humanité serait éteinte depuis longtemps. Sans compter les femmes mortes de fièvre puerpérale, un siècle encore après qu'un toubib, un vrai celui-là (mais si, mais si, il y en a) ait trouvé comment les diminuer très sensiblement : en se lavant les mains, surtout au sortir de la salle de dissection. Mais tu as déjà évoqué ce scandale ancien, Betty.

Et merci de ton énergie, de tes révoltes qui donnent des mots aux nôtres.


 

Et à propos, quelqu'un a-t-il réussi à comprendre pourquoi cette femme, pourtant déjà mère, a dénié ses grossesses suivantes au point d'éliminer les bébés à leur naissance ?  Pourquoi une femme aussi avertie n'a pas plutôt avorté ? Les médias nous ont abreuvé de déni de grossesse. Nisand s'en est mêlé en disant une sottise dont le tribunal n'a pas voulu tenir compte, et au final je n'ai toujours rien compris à cette épouvantable histoire. Personne ne s'est demandé ce qui avait bien pu se passer dans sa vie pour qu'elle bascule ainsi ? Parce que tout de même, il a bien fallu qu'il se passe quelque chose pour qu'elle en arrive là.

 

 

 

Publié dans On écrit au BooB

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Mathilde Pommier 03/08/2009 17:19

"Point de vue sychologique" dû à quel traumatisme ? A quelle maltraitance ? Et surtout, de qui ?

Cabinet gynécologique Bordeaux 13/07/2009 12:34

Oui, tout se joue ici d'un point de vue psychologique !