Etre un numéro : une pathologie à haut risque

Publié le par Madelaine & Betty B.


Pêché dans le Figaro Madame, "Pour une autre grossesse. L'impression d'être un numéro" (2009) :

" Ces femmes [qui veulent accoucher en MdN] sont-elles une poignée de résistantes en quête de sensations ? "Loin de là, répond Marianne Benoit Truong . Au conseil national de l'Ordre [des sages-femmes], tous les jours, nous recevons des lettres de femmes, souvent déjà mamans, qui refusent d'accoucher une nouvelle fois à l'hôpital." Trop peu de psychologie, l'impression d'être un numéro. " Et ce ne sont pas que des bobos ! Cela dépend surtout du rapport au corps de chacune", continue Marianne. Selon elle, cette tendance qui bouillonne depuis dix ans s'intensifie depuis deux ans : "Elles estiment qu'on leur a volé leur accouchement. Le risque, c'est que certaines se mettent en tête d'accoucher toutes seules chez elles."

Plus qu'un risque d'après les 2853 signatures du manifeste des déchaînées...

Et pendant ce temps-là, quelques gynobs désinvoltes ergotent scientistement tout en se crêpant le chignon avec raffinement dans un de leur journaux favoris, -  Gynécologie Obstétrique & Fertilité  (lecture abonnés seulement). Un débat kafkaien, dont le titre  : "Y a-t-il des grossesses et des accouchements à bas risque ?" signifie en réalité "Pour ou contre les maisons de naissance en France ?" (numéro de février 2009). Dans le rôle du "Pour" :  Colmant et le célèbre Frydman. Dans le rôle du "Contre" : ... l'équipe du CHU de Hautepierre, dont la pseudo maison de naissance est plutôt un échec. Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage. Certains oiseaux de mauvais augure le leur avaient pourtant prédit, un pôle physiologique en plein hôpital, sans suivi global, avec des sages-femmes qui font la navette entre le bloc et la salle nature, et avec obligation de s'allonger sans bouger pour les sacro-saints monitos, ça ne marche pas. Mais la seule chose que nous retenons de leur débat, nous femmes enceintes, l'ayant été, ou pouvant l'être à nouveau, c'est que dans ce débat historique les partisans du contre se fichent comme d'une guigne de ce que nous voulons nous. Ils oublient un détail : ce devraient être nous le décideur ! Que ce soit les médecins est un abus de pouvoir. Et même si l'on admet la rhétorique qu'une grossesse normale ne peut-être que "à bas risque", puisque l'on ne peut jamais tout prévoir n'est-ce pas..., ils ont tous oublié un paramètre hautement confondant : Et tes risques docteur ?!

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