La terreur de la rupture utérine

Publié le par Stéphanie & Betty B.


Secret de 2008


C'est une histoire de césarienne salvatrice, mais qui nous réserve quelques surprises. Elle avait prévu un accouchement chez elle avec une sage-femme. C'est sa première grossesse, qui se déroule très bien. La première phase du travail se déroule très bien. Et arrivée à dilatation complète, ça cloche. Le cœur du bébé faiblit. Le bébé ne descend pas. La sage-femme réagit très rapidement et organise le transfert. Dans la voiture elle téléphone aux urgences de l'hôpital, demandant avec insistance de rappeler le médecin de garde. Réponse très sèche, qui justifie une autre perle :


"On verra bien quand vous serez là."


Heureusement la prise en charge est bien faite. Une césarienne est décidée et réalisée rapidement. Et que découvrent-ils ? Un bébé avec 7 tours de cordon autour de lui !!! C'est extrêmement rare. Effectivement, ce bébé là ne pouvait pas descendre. Cette césarienne là a été vitale. A part cela, tout à été fait à temps, aucun problème pour la mère, et un bébé en très bonne santé. Deux heures après la césarienne, la jeune femme reçoit la visite du chef de service :


"Votre grossesse n'a pas été suivie."


Mais si, la sage-femme est restée là tout le temps avec le dossier du suivi !


"Vous êtes inconsciente, vous avez failli mourir ! Accoucher à la maison, quelle idée, vous allez faire la même chose pour le prochain ?"


La jeune femme qui sent la moutarde lui monter au nez répond :


"Oui, bien sûr !"


Réponse du chef de service :


"Madame, les ruptures utérines ça arrive très souvent."


N'exagérons rien, 1 fois sur 100 après une césarienne, et encore, moins de la moitié sont des ruptures franches. À la maison au moins elle ne risque pas de servir de cobaye à des tests de déclenchement au misoprostol sur utérus cicatriciel… Il y en a eu des utérus déchirés avec ça… Mais les dommages collatéraux à l'hôpital sont tolérés n'est-ce pas ? C'est comme à l'armée. Qu'est-ce qui le défrise ce chef de service ? La sage-femme a réagi parfaitement, la jeune femme a été tout ce qu'il y a de plus raisonnable, personne n'a eu de bobo, alors il est où le problème ? Si elle avait été à l'hôpital ils auraient pu réagir plus vite ? Avec des sages-femmes qui passent en coup de vent au mieux une fois par heure, on peut en douter, comme en témoigne une jeune femme en état de choc sur le forum de magicmaman :


"J'étais partie pour un accouchement sans péridurale et j'ai fait tout le travail sans. Le bébé (très gros par rapport à mes aînés) ne descendait pas. J'ai eu ensuite la péridurale et les SF m'ont fait poussé 3-4 heures à dilation complète... Je ne comprends même pas comment c'est possible et comment j'ai pu laisser faire, le problème est que ma mémoire de l'accouchement s'est en partie effacée. Ensuite rupture utérine entraînant la mort de notre enfant, césarienne en urgence, hémorragie qualifiée de cataclysmique, hystérectomie, transfert entre la vie et la mort dans un autre hôpital, embolisation pour stopper l'hémorragie, laparotomie suite à un scanner post interventionnel qui a montré que le système urinaire était endommagé, tout ceci en moins de 24h. Plusieurs jours de réanimation, plus d'un mois d'hôpital, grande faiblesse, poches et tuyaux en attendant une nouvelle intervention mi-octobre, incapable de m'occuper de la maison et de mes enfants qui sont en province avec des grands-parents épuisés qui assument avec courage malgré leur âge... Je ne me souviens même pas d'avoir tenu mon enfant (mort) dans les bras, ni de l'avoir vu, la mémoire de ce moment étant effacée. Dans ma tête, mon enfant est passé de mon ventre au cercueil, sans que je ne comprenne rien, et sans que je le voie, tout ceci par obstination incompréhensible des SF à privilégier une voie basse au delà du raisonnable.

[...]
Il n'y avait personne pendant la rupture utérine... Le médecin, qui avait été enfin appelé, avait dit qu'il était incapable de m'accoucher après avoir essayé les forceps. Il a dit de me préparer pour la césarienne, puis tout le monde, médecin et SFs, se sont tous absentés environ 6 mn parce qu'une femme avait des problèmes à côté. J'étais alors sous péridurale, mon mari m'a dit que ma tête n'avait pas changé donc je n'ai probablement pas senti la rupture. En tous les cas il n'y avait personne avec nous quand notre bébé a flanché suite à la rupture ! Personne. Quand ils sont revenus, c'était trop tard, le mal était fait..."


Ca se confirme, un gynobs a toujours raison :  la rupture utérine, et l'inconscience,  c'est dangereux.




Commenter cet article