Vous ne comprenez pas le français !

Publié le par Betty Boob

Secret du 21e siècle.

Une femme originaire d'Amérique latine accouche pour la troisième fois dans un hôpital très médiatisé de la région parisienne. Elle s'est mariée avec un français et parle très bien notre langue, d'autant qu'elle a passé une licence de français. Donc son mari la dépose à la maternité car elle est en travail, et repart s'occuper des aînés restés à la  maison.

Elle attend à la porte de la maternité 40 minutes ! (Elle voit par la suite qu'ils sont débordés). La sage-femme l'examine et l'engueule car elle est déjà à 8 cm de dilatation. Elle aurait du venir plus tôt ! De fait tout le monde hurle. La sage-femme lui explique qu'il n'y a pas de salles de travail disponibles, donc c'est cuit pour la péridurale. Elle n'en souhaitait pas... Ça tombe bien... On la relègue dans une chambre d'attente... Puis une salle se libère, on "peut lui poser la péri". Comme seule, tout à fait seule avec les contractions de fin de travail, elle a mal, elle accepte la péri.

Mais la péridurale ne marche pas. La sage-femme debordée appelle l'interne. Celui-ci arrive, sort les forceps, sinon sans raison du moins sans explications. Et commence les manœuvres. La femme a mal et crie.  "Mais vous n'avez pas mal puisque vous avez la péridurale !" Il hurle: "Arrêtez de crier !" Mais comme elle continue d'avoir mal elle continue à crier. Il hurle à nouveau : "Vous ne comprenez pas le français ?".

Elle restera ensuite 9h dans cette salle sans que personne vienne la voir.

Ce gentil gamin d'interne expliquerait certainement à une femme qui veut accoucher chez elle, le plus loin possible de l'hôpital, qu'elle est complètement folle et psychopathe, tandis que lui est raisonnable et sain d'esprit.

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clairette 27/10/2008 09:46

honnêtement, j'ai la nausée, et j'appelle ça de la maltraitance, c'est d'une violence sans nom.....quelle honte :( pauvre maman, je ne sais pas où elle est, si elle a pu guérir mais je le lui souhaite du fond du coeur...Comment peut-on en arriver là? des forceps sans péri et sans nl besoin???? j'hallucine.....

melimaman 03/10/2008 00:06

Et bien ... quand je lis un récit d'accouchement comme celui-ci, je me dis que j'ai eu une chance extraordinaire d'avoir mis au monde mon deuxième enfant à domicile, avec ma merveilleuse sage-femme et mon formidable mari ...Pas de péri, oui,ça fait mal, mais avec du soutien, ce n'est pas insurmontable ! J'ai préféré mon accouchement sans péri chez moi, que mon 1er accouchement avec péri ( qui a marché ) à l'hosto ... Je ne suis pourtant pas maso ! Etre respectée, pouvoir hurler à la mort sans se faire engueuler, être acteur de son accouchement, c'est un tel sentiment de puissance . Je me dis, qu'avec mon mari, on a vraiment accompli quelque chose ...

Mathilde Pommier 18/08/2008 08:16

Bonjour Laura,Ca c'est une sacrée remarque, et un vrai souci. Il est certainement très déstabilisant de lire ce blog quand on pense faire un enfant ou quand on est déjà enceinte, ou quand on est un professionnel de la périnatalité. Ne serait-il pas mieux de se taire, de ne surtout pas affoler les femmes, de continuer à les rassurer comme on a toujours fait ? Je ne crois pas, sinon ce blog n'existerait pas. Est-ce que l'on a jamais pu faire évoluer les choses sans en parler ni secouer le cocotier ? Si quelqu'un a un exemple historique de choses qui ont bougé toutes seules dans le silence je suis preneur. Mais bien sur, la phase de décodage de certaines pratiques, la phase mise dans le domaine publiqe, est très perturbante. Elle brise la confiance paternaliste, elle fait peur, elle peut conduire à des extrèmes inverses, que je ne souhaite pas !Pour vous Laura, le chemin à suivre est plus compliqué maintenant que vous avez lu tout cela. J'aimerais rappeler que dans leur majorité les soignants sont effectivement bien intentionnés; les autres sont rares. Par contre ils peuvent être pris dans des schémas de pensées ou de hiérarchie. Pour "bien" préparer son accouchement il existe des livres qui peuvent vous aider beaucoup (celui de Sophie Gamelin entre autres). Ca passe par vous demander ce que vous voulez, et ce que vous ne voulez pas. Ca passe par le choix de la maternité et de son équipe ou/et d'une sage-femme libérale. Ca passe aussi par le projet de naissance, déjà prévu par le plan périnatalité mais pas toujours mis en application partout. La meilleure démarche semble-t-il est de commencer par en parler oralement avec l'équipe, puis une fois d'accord de le rédiger. C'est un outil de réflexion et de démocratie sanitaire. Si l'équipe ne veut pas en entendre parler dès le premier trimestre, alors changez ... Songer peut-être aussi à venir avec un ou une amie en plus de votre compagnon. Car contrairement à ce que l'on prétend le compagnon est plutôt le plus mal placé pour soutenir et accompagner sa femme, il est trop secoué et pris dans ses émotions lui-même. Il n'est pas plus mal d'avoir avec soi une personne beaucoup  moins impliquée affectivement avec vous, mais parfaitement au courant de ce que vous voulez bien sur. Et puis n'oubliez pas ;-) contrairement à ce dont on rabache les oreilles depuis fort longtemps, vous n'êtes pas une femme-enfant, vous êtes adulte, comme les autres, probablement plus que les internes d'ailleurs, et vous n'avez pas besoin d'être prise en charge au point où on nous l'a fait croire ;-) Je vous souhaite un bon cheminement Laura.

Laura 17/08/2008 21:30

Pensant bientôt mettre en route un bébé, je me nourris de toutes les abérations lues sur votre super site. Mais voir autant de choses affolantes me donne la hantise de tomber partout sur des gens fermés d'esprit, et qu'on écoute jamais nos envies et nos besoins pour l'arrivée de notre enfant...et je me dis aussi qu'oser répondre à de tels propos du corps médical comme cités dans cet article n'entrainera pas moins que du mépris et des réflexions du genre "ils sont médecins, eux?"Enfin tant que l'être désiré n'est pas là, je continue à suivre attentivement les aventures récitées sur ce blog...merci en tous cas, toutes ces histoires pemettent d'avoir une opinion plus exacerbée sur ce qu'il se passe pas si secrètement que ça à côté de chez nous.