On écrit au BooB : "Dimanche médiéval"

Publié le par Henny Jonkers


Récit envoyé en 2008 par une sage-femme :

"Je viens de rentrer de C., où j'ai accompagné une femme pour le début de son accouchement. Vers 23 heures je l'ai transférée vers l'unique maternité de la cité médiévale. Quelle ne fut pas ma joie quand, à l'arrivée, je découvris la même équipe qu'il y a cinq semaines juste, quand j'ai sollicité l'accueil d'une autre dame de la cité, également un dimanche soir. Cette fois là j'avais annoncé ma venue par téléphone et l'accueil avait été tellement enthousiaste qu'on se serait bien passé de venir s'il n'y avait pas eu un « liquide teinté ». Déjà la sage-femme médiévale m'avait donné le ton : seul le père peut accompagner en salle de naissance. Ce soir là je me suis quand même glissée dans l'antre des seins en prétextant servir d'interprète au couple outre-atlantique, et en tablant sur l'aspect rustique et médiéval de la collègue. Finalement elle était occupée ailleurs et nous a laissé à une collègue à l'esprit plus moderne…

Ce soir on y a pas coupé, elle a vu venir ! Par l'auxiliaire elle a fait dire qu'elle viendrait m'expliquer pourquoi je ne pourrais rentrer en salle qu'une fois la femme perfusée et la péridurale mise en place. Le gynéco-obs muet  m'a croisé sans même oser répondre à mon sourire dans le couloir où j'ai attendu gentiment pendant presque une heure en entendant la femme crier et supplier tantôt de la soulager tantôt de m'appeler. J'ai fini par rentrer chez moi, mais pas sans un pincement au cœur. Comment peut on s'imaginer accompagner un couple pour la naissance en ayant une compassion si peu évidente ! Espérons que l'anesthésie péridurale fait son travail sans arrières pensées.
 
Voilà, une pensée partagée est une pensée soulagée. Je vous souhaite un bel été."

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