Les progrès de la médecine : la fièvre puerpérale

Publié le par Betty Boob


Péché dans la revue Sève, "Les conséquences de la judiciarisation de la médecine sur la pratique médicale", 2004, par J. Lansac, 2004, gynécologue-obstétricien, expert judiciaire.

La fièvre puerpérale, alias infection généralisée, septicémie, ou infection nosocomiale quand elle est propagée en milieu hospitalier. Ce fut la première cause de mortalité maternelle autrefois. Les épidémies ont été particulièrement redoutables au sein des premières maternités hospitalières de la fin du XVIIIe au début du XXe siècle où les taux de mortalité étaient 3 à 10 fois plus élevés que pour les accouchements à domicile. Voici comment ce fléau fut éliminé, d'après Mr. Lansac, actuel président du CNGOF (*) :

"Il y eut d'abord la période de gloire tous azimuts du progrès médical, caractérisée par l'apparition dans notre discipline des sulfamides dans les années 1930 puis des antibiotiques après la Seconde Guerre mondiale, qui firent disparaître la fièvre puerpérale qui tuait les mères en couches."

Ca alors, les antibiotiques ont fait disparaître la fièvre puerpérale ?! Voyons, elle a quasi complètement disparu dans les maternités. En Hollande, les 30% de femmes qui accouchent chez elles n'attrapent plus la fièvre puerpérale non plus. Itou dans les maisons de naissance en Allemagne, Québec ou Angleterre. C'est parce que l'on administre des antibiotiques à toutes les femmes enceintes dans tout l'Occident ? Bien sur que non. Les germes responsables de ces infections ont-ils disparu ? Hélas non, certains sont même devenus résistants aux antibiotiques. Alors un vaccin ? Non plus, pas de vaccin contre ces cochonneries. Alors quoi, qu'est-ce qui a fait disparaître les épidémies de fièvre puerpérale, mmmhhh ?

Ce ne serait pas plutôt l'amélioration de l'hygiène à tous les niveaux : évacuation des déchets, réseaux d'égouts, surveillance de l'eau, réfrigérateur, regain d'interêt pour la toilette personnelle après quelques siècles de crasse coutumière, avènement de la salle de bains dans tous les appartements après la guerre ? Et, dans les hôpitaux, ce ne serait pas plutôt l'aseptie ? Hélas, les médecins ont mis environ un siècle avant d'admettre que c'étaient eux qui propageaient l'infection en passant d'un cadavre ou d'un malade à une femme en couches sans se laver les mains. Un siècle pour se décider à prendre les mesures d'aseptie requises pourtant recommandées par quelques rares confrères plus clairvoyants. Quel petit cachotier ce Mr. Lansac. Que ne dirait-on pas pour avoir raison devant les juges et perpétuer  le mythe de la gloire.

(*) CollègeNational des Gynécologues et Obstétriciens Français

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